Cas de Botulisme en France : alerte sanitaire depuis septembre 2025
La Direction générale de la santé (DGS) vient de lancer une alerte suite à l’identification de plusieurs cas de botulisme en France depuis le début du mois de septembre 2025 (ail confit en Occitanie, tortillas en Bretagne). Le Botulisme avait déjà été pointé du doigt en 2023 lors de l’intoxication de 15 patients (dont un était décédé) suite à l’ingestion de sardines artisanales dans un restaurant bordelais.
En France, le botulisme est le plus souvent alimentaire (près de 80 % des foyers de botulisme signalés entre 2018 et 2024).
Les spores de C. botulinum sont présentes à de faibles niveaux dans une large variété d'aliments. La présence de toxine botulique dans les aliments transformés peu acides est souvent due à un défaut de maîtrise du procédé de stérilisation, salaison, et/ou à une rupture de la chaîne du froid.
Les aliments à l’origine des cas de botulisme sont dans leur grande majorité des produits de fabrication familiale/artisanale. En France, les aliments les plus souvent impliqués sont :
- les salaisons sèches (jambons crus ou saucissons)
- les conserves de végétaux mal stérilisées (asperges, haricots verts, carottes et jus de carotte, poivrons, olives à la grecque, potiron, tapenade, etc.), de viande (terrine, pâté) ou de plats cuisinés , qui n’ont pas été conservés dans de bonnes conditions (poisson salé, séché, emballé sous vide) .
Une faible dose de toxine suffit à être infecté.
Qu’est-ce que le botulisme ?
Le botulisme est une affection provoquée par une neurotoxine très puissante produite par la bactérie Clostridium botulinum qui se développe dans des milieux sans oxygène comme les aliments sous vide et les conserves. Ellepeut provoquer une paralysie descendante des membres et des muscles respiratoires.
Bien que rare, le botulisme est une maladie grave et potentiellement mortelle (dans 5 à 10 % des cas) lorsqu’un traitement n’est pas administré suffisamment tôt.
On distingue trois formes principales de la maladie :
- Le Botulisme alimentaire : dü à une ingestion d’aliments contaminés, souvent mal stérilisés ou conservés dans de mauvaises conditions (conserves artisanales, charcuteries, etc.),
- Le Botulisme infantile : souvent après ingestion de mie (plusieurs cas décrits aux Etats-Unis). Ainsi, la consommation de ce dernier est déconseillée aux enfants de moins de 12 mois ,
- Le Botulisme iatrogène : à la suite d’injections médicales ou esthétiques de toxine botulique.
Des symptômes à repérer rapidement :
La maladie n’est pas transmissible entre individus. Elle nécessite une prise en charge en urgence.
Le tableau clinique peut inclure les symptômes suivants :
- Troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée,
- Troubles oculaires : défaut d’accommodation, vision floue, vision double,
- Sécheresse buccale accompagnée de difficulté de déglutition voire d’élocution
- Troubles neurologiques : fausse route, paralysie progressive des muscles, qui peut évoluer jusqu’à une atteinte respiratoire grave.
- La maladie ne s’accompagne habituellement pas de fièvre
Diagnostic biologique
En France, le diagnostic du botulisme est essentiellement réalisé par certains laboratoires spécialisés et le CNR des Bactéries Anaérobies et Botulisme de l’Institut Pasteur car tous les laboratoires ne disposent pas de l’intégraité des outils techniques nécessaires.
Le diagnostic biologique du botulisme humain est généralement basé sur la mise en évidence et le typage de la toxine botulique dans le sérum. Dans quelques cas particuliers, (botulisme néonatal, certaines formes chroniques…), la toxine botulique circulante est non détectable. Dans ce cas, la toxine botulique et/ou la bactérie Clostridium botulinum sont alors recherchés dans les selles du patient. L'identification de l'aliment responsable du botulisme est également d'un grand intérêt en Santé Publique et a pour but d'éviter l'apparition de nouveaux cas par le biais de l’enquête épidémiologique associée.
Le résultat peut prendre plusieurs jours, mais la prise en charge ne doit pas attendre la confirmation biologique.
Une urgence vitale !
La gravité du botulisme impose en effet une prise en charge rapide. Dans les cas de botulisme alimentaire, une antitoxine botulique peut être administrée afin de limiter l’atteinte neurologique due à la toxine. Dans les formes sévères de la maladie, une admission en réanimation incluant des soins respiratoires intensifs avec ventilation assistée peuvent s’avérer nécessaires.
La grande majorité des patients atteints de botulisme bénéficiant d’un traitement précoce guérissent sans séquelles, mais le traitement et la convalescence peuvent durer de plusieurs semaines à plusieurs mois.
Déclaration obligatoire immédiate
Tout cas suspect de botulisme doit être immédiatement déclaré aux Agences Régionale sde Santé, (ARS), même en l’absence de confirmation biologique Celles-ci mènent en urgence des enquêtes pour identifier et éliminer la source de contamination. La surveillance des cas en France repose sur les déclarations obligatoires, qui sont ensuite centralisées par Santé publique France via les ARS. Ces données sont complétées par celles du Centre national de référence du botulisme, situé à l’Institut Pasteur de Paris.
Prévention du Botulisme :
Il n’est pas possible de détecter la présence de la toxine dans un produit, puisque le botulisme n’a ni goût ni odeur et n’engendre pas de gonflement de la conserve.
Néanmoins, et de manière générale, la consommation de conserves n’est pas recommandée si :
- L’aliment présente une couleur différente et/ou une odeur anormale ;
- La boîte de conserve est déformée ou gonflée ;
- La conserve ou le bocal n’émet pas de bruit à l’ouverture.
Lors de l’achat de produits réfrigérés (qui sont souvent pasteurisés et non stérilisés), il faut veiller à les conserver au réfrigérateur (entre 0 et 5°C), et non à température ambiante et les consommer avant la date limite.
Références :
Fiche référence de la maladie de l’Institut Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/botulisme
Le Botulisme : https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses-d-origine-alimentaire/article/botulisme
Données de Santé Publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-infectieuses-d-origine-alimentaire/botulisme/documents/bulletin-national/botulisme-en-france.-bilan-2018-2024
Questions/ Réponses de Sante.fr sur la prévention du botulisme alimentaire : https://www.sante.fr/decryptage/nos-reponses/conserves-maison-comment-eviter-le-botulisme
